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Vos photos publiées sont-elles vraiment couvertes ?

Douze questions, six minutes, personne ne lit vos réponses. À la fin, vous saurez où vous en êtes — et surtout quoi faire, dans quel ordre.

Repères pratiques à jour du droit français, pas un conseil juridique individualisé. Pour un usage commercial important, faites relire vos documents par un professionnel du droit.

Avant les questions : cinq vérités qui changent tout

1. Vous détenez un droit sur la photo. Pas sur la personne.

Deux droits distincts coexistent sur la même image : votre droit d’auteur sur la photographie, et le droit à l’image de la personne photographiée — rattaché au respect de la vie privée (article 9 du Code civil). Être l’auteur ne vous donne aucun droit de publier une personne identifiable sans son accord. « C’est ma photo, j’en fais ce que je veux » est l’erreur la plus répandue du métier.

2. L’écrit n’est pas une formalité. C’est une preuve.

Un accord oral peut être valable — mais deux ans plus tard, devant un tiers, il ne vaut rien parce que vous ne pouvez pas le démontrer. On ne fait pas signer pour être en règle : on fait signer pour pouvoir prouver. D’où l’importance de la date et de l’archivage, que la plupart des modèles qui circulent ignorent.

3. Une autorisation s’interprète strictement.

Ce qui n’est pas explicitement autorisé est considéré comme non autorisé. « J’autorise l’utilisation de mon image » ne vous couvre pratiquement pour rien : ni les supports, ni la durée, ni le territoire, ni le bénéficiaire. Une autorisation vague est un faux filet de sécurité — plus dangereuse que pas de document, parce qu’elle vous fait croire que vous êtes couvert.

4. Le RGPD s’ajoute au droit à l’image, il ne le remplace pas.

Une photo où une personne est identifiable est une donnée personnelle, et votre activité professionnelle n’est pas couverte par l’exception domestique. Le droit à l’image dit si vous pouvez publier ; le RGPD dit comment gérer les images et les demandes qui arriveront ensuite — information, retrait possible à tout moment, effacement, conservation bornée. Les deux se cumulent.

5. Le vrai risque n’est presque jamais le procès.

Ce qui arrive réellement : une demande de retrait à traiter vite, un signalement qui fait tomber une publication ou un compte, un client corporate qui refuse un budget parce que vos documents ne tiennent pas face à son service juridique — et le coût le plus insidieux : le portfolio qu’on n’ose pas alimenter. Le risque est juridique, le coût quotidien est commercial. Ce sujet mérite vingt minutes, pas une angoisse permanente.

Le diagnostic — où en êtes-vous vraiment ?

Comptez « oui » uniquement pour un oui franc : un « je crois » ou un « ça dépend » est un non. C’est tout l’intérêt de l’exercice — ce que vous ne pouvez pas affirmer, vous ne pourrez pas le prouver non plus. Vos réponses restent dans votre navigateur : rien n’est envoyé, à personne.

  1. 1.Pour une photo prise au hasard sur votre site, pouvez-vous retrouver en moins de 5 minutes un écrit signé par la personne qui y figure ?

  2. 2.Cet écrit liste-t-il nommément les supports sur lesquels vous publiez aujourd’hui (votre site, chaque réseau utilisé, vos supports imprimés, votre blog) ?

  3. 3.Vos autorisations sont-elles signées avant ou le jour de la séance — pas après coup, au moment où vous voulez publier ?

  4. 4.Pour vos séances impliquant un mineur, avez-vous la signature des deux titulaires de l’autorité parentale ?

  5. 5.Savez-vous précisément quoi répondre si un ancien client vous écrivait demain pour exiger le retrait de toutes ses photos ?

  6. 6.Vos autorisations précisent-elles si vous pouvez céder les images à un tiers (une marque, un lieu de réception, une agence, un magazine) ?

  7. 7.Aucune photo publiée par vos soins ne montre une personne identifiable qui n’était pas votre cliente (un invité de mariage, un passant, un collaborateur) ?

  8. 8.Vos autorisations sont-elles rangées ailleurs que dans votre boîte mail — dans un dossier ou un outil où vous les retrouvez par nom de client ?

  9. 9.Vos clients savent-ils, au moment de signer, qu’ils peuvent retirer leur accord, et par quel moyen ?

  10. 10.Si vous utilisez des photos de clients en publicité payante ou sur les supports d’un tiers, avez-vous un écrit qui le couvre explicitement ? (Répondez « oui » si vous ne le faites jamais.)

  11. 11.Pouvez-vous prouver la date à laquelle une autorisation donnée a été signée ?

  12. 12.Existe-t-il un seul endroit dont vous pouvez dire avec certitude : « toutes mes autorisations sont là » ?

0 réponse sur 12 — le verdict s’affiche quand tout est répondu.

Le protocole des 4 moments

Le droit à l’image ne se gère pas « en général » : il se gère à quatre moments précis de chaque prestation. Un geste au bon moment vaut mieux que dix rattrapages.

  1. Avant la séance — cadrer par écrit. Annoncez dans le devis ou l’email de confirmation que vous publiez une sélection à des fins de promotion, et proposez explicitement l’inverse : « si vous préférez que vos images ne soient pas publiées, dites-le-moi, ce n’est pas un problème ». Un choix se refuse rarement, une contrainte souvent. Préparez le document prérempli, pas le jour J.
  2. Le jour J — faire signer, et gérer les tiers. Signature au début de la séance (à la fin, tout le monde est pressé), date manuscrite, photo du document signé avant de ranger le matériel. Pour un invité ou un passant que vous comptez publier : un document court, signé sur place. Pour un mineur : les deux titulaires de l’autorité parentale, pas seulement le parent présent. Avec Shooting Pilot, vous pouvez aussi faire signer l’autorisation avec le contrat : la question de diffusion est posée au client au moment où il signe.
  3. À la livraison — archiver et dater. Un seul endroit pour toutes vos autorisations, un nommage qui se trie tout seul (2026-04-18_DURAND-Camille_autorisation.pdf), le document rangé avec le dossier de la séance, trois colonnes dans votre suivi client (signée oui/non, date, mineurs oui/non), et une sauvegarde.
  4. À la publication — vérifier, et savoir retirer. Trois questions, dix secondes : la personne principale a-t-elle signé ? un tiers reconnaissable n’a-t-il rien signé ? le support est-il listé dans l’autorisation ? Si une réponse coince, publiez une autre image. Et écrivez votre procédure de retrait avant d’en avoir besoin : accuser réception sous 48 h sans discuter, retirer sous 7 jours ce que vous contrôlez, confirmer par écrit, archiver l’échange.

Et l’existant ? Rattrapez par vagues, pas d’un bloc : d’abord les images les plus exposées (une heure), puis les mineurs (trente minutes), puis le reste au fil de l’eau. Le score du diagnostic vous a dit par où commencer.

Les 10 blocs d’une autorisation qui tient

Que vous rédigiez vous-même, repreniez un modèle ou utilisiez notre générateur, vérifiez ces dix blocs — c’est la grille de relecture la plus utile de cette page.

BlocErreur classique
1. Les parties, identifiées complètementNe désigner le client que par son prénom
2. La séance : type, date, lieu« Les photos réalisées » — sans dire lesquelles
3. L’objet : utiliser ET publierAutoriser « l’utilisation » sans mentionner la publication
4. Les supports, listés explicitementLa formule « tous supports »
5. Les mineurs : les deux titulaires de l’autorité parentaleUn seul parent signataire
6. La durée et le territoire, écrits et comprisNe rien dire, et découvrir le désaccord après coup
7. La contrepartie : gratuite ou rémunérée, dites-leLe silence, porte ouverte à une réclamation
8. La cession à un tiers : autorisée ou nonPublier sur le compte d’une marque sans que rien ne le prévoie
9. Le retrait : canal et délai d’effetNe rien prévoir, et improviser dans l’urgence
10. Date, lieu, signatures manuscritesUn document non daté

Deux angles morts du métier, rarement traités : la durée illimitée (fréquente et défendable pour un portfolio, à condition d’être lisible et négociable — un document rigide fait perdre des dossiers corporate) et la cession à un tiers — le lieu de réception, le wedding planner et la marque de robe veulent vos photos, et si votre autorisation ne prévoit rien, vous n’avez pas le droit de leur transmettre les images des personnes photographiées, même en détenant le droit d’auteur.

Notre générateur gratuit produit une autorisation qui couvre l’essentiel de cette grille — et cette page vous a dit ce qu’il ne couvre pas (le territoire et la cession à un tiers, à compléter à la main si votre usage le demande).

Pour aller plus loin

Le générateur pour produire vos documents, et l’article qui détaille la portée exacte d’une autorisation.

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