Pourquoi un devis reste-t-il sans réponse ?
Dans la plupart des cas, le silence tient à l’une de ces trois raisons.
- Le devis a été ouvert, puis oublié. Le cas le plus fréquent. Répondre demandait cinq minutes qu’il n’a pas eues.
- Une décision est en attente. Le conjoint, le budget, une date à confirmer avec la mairie ou le lieu de réception. Le devis attend une décision qui ne dépend pas de vous.
- Quelque chose bloque, et personne ne l’a dit. Un montant plus haut qu’attendu, une ligne mal comprise, un doute sur ce qui est livré. C’est là qu’une relance sert vraiment à quelque chose, si elle laisse la place à une objection.
Un même message convient aux trois : court, et sans rien réclamer.
Au bout de combien de temps relancer ?
Une semaine après l’envoi convient à la plupart des prestations. Le bon repère est l’échéance du client plutôt qu’un délai standard appliqué à tous : un mariage arbitré neuf mois à l’avance et une séance prévue dans trois semaines ne se relancent pas au même rythme.
Si votre devis porte une date de validité, faites-la travailler. Une relance envoyée quelques jours avant l’expiration s’appuie sur un fait : vous rappelez une échéance, ce qui est plus confortable pour tout le monde.
Aucun texte n’impose de durée de validité : c’est vous qui la fixez. Mais un devis sans date ne vous engage pas indéfiniment pour autant — une offre sans terme devient caduque au bout d’un délai raisonnable (article 1117 du Code civil). Autant écrire la date vous-même : vous savez alors quand relancer, et jusqu’à quand vous êtes tenu.
Quel modèle de mail utiliser pour relancer un devis ?
Court, sans reproche, et terminé par une question à laquelle on peut répondre en une ligne. Adaptez-le : envoyé tel quel à tous vos clients, il finira par sonner comme un formulaire.
Première relance · J+7
Objet : Votre devis pour le 14 juin
Bonjour Camille,
Je reviens vers vous au sujet du devis envoyé la semaine dernière pour votre séance du 14 juin. Rien d’urgent, je voulais juste vérifier qu’il vous était bien arrivé.
Si un point vous fait hésiter (le nombre d’heures, les tirages inclus, le déroulé de la journée), dites-le-moi, on l’ajuste ensemble.
Est-ce que je vous garde la date encore une semaine, ou je la libère ?
Bonne journée, Julie
Ce message rappelle de quoi il s’agit — votre client a peut-être demandé trois devis la même semaine. Il n’ajoute aucune pression. Il nomme des points d’ajustement concrets, ce qui autorise la vraie objection à sortir. Et il se termine par une question fermée : le client répond en un mot, y compris pour dire non.
Pour la deuxième relance, une dizaine de jours plus tard, changez d’angle. Une disponibilité qui se réduit vraiment, une date de validité qui approche, une question ouverte sur leur projet. Sur le premier angle, une réserve : une rareté inventée pour presser la décision est une pratique commerciale trompeuse (article L. 121-4 du Code de la consommation). Ne l’employez que si la date part réellement.
La troisième referme le dossier. C’est souvent celle qui reçoit une réponse.
Dernière relance · clôture
Objet : Je vous laisse tranquille
Bonjour Camille,
Sans nouvelles de votre côté, je ne vous relancerai plus — je préfère vous laisser tranquille plutôt que d’encombrer votre boîte mail.
La porte reste ouverte : si votre projet reprend, écrivez-moi et on regarde ce qui est encore possible.
Bonne continuation, Julie
Quand le client dit oui, la question suivante est celle de l’acompte, puis celle du délai de paiement.
Combien de fois relancer avant d’arrêter ?
Deux relances espacées, puis la clôture. Au-delà, vous n’obtiendrez plus de réponse, le message devient gênant, et vous y repensez chaque semaine pour rien.
Donnez aussi, dans chaque relance, un moyen simple de vous arrêter. Ce n’est pas une politesse : la personne a le droit de s’opposer à vos relances, et vous devez le lui dire clairement (article 21 du RGPD). Une phrase suffit — « dites-le-moi et je ne vous relance plus » — à condition de la respecter et de noter le refus quelque part. Un client qui vous dit d’arrêter vous fait d’ailleurs gagner du temps.
Côté données, un prospect qui n’a plus donné signe de vie n’a pas vocation à rester indéfiniment dans vos fichiers : la CNIL retient trois ans à compter de son dernier contact.
Peut-on automatiser la relance des devis ?
Le message se rédige en trois minutes. Le difficile, c’est de se souvenir sept jours plus tard qu’un devis attend. Avec quatre devis en cours vous y arrivez de tête. Avec vingt, vous relancez ceux dont vous vous souvenez, et pas forcément les plus intéressants.
Chez nous, une automatisation se déclenche sur un devis envoyé et resté non signé au bout du nombre de jours que vous fixez ; un modèle « Devis sans réponse depuis 7 jours » est fourni pour ne pas partir d’une page blanche. Le message part par e-mail, avec le prénom du client repris automatiquement.
Ces relances ne réclament pas de consentement marketing préalable, parce qu’elles n’en sont pas : vous poursuivez un échange que le client a engagé en vous demandant ce devis. Chaque message porte un lien pour vous demander d’arrêter, et cette demande est respectée automatiquement — le renvoi manuel reste disponible, et c’est aussi ce que vous ferez quand vous préférez écrire vous-même.
Un devis signé ne déclenche plus de relance, et les ouvertures et clics remontent sur le dossier — à condition d’avoir informé le client de cette mesure, ce que la CNIL exige depuis 2026 (voir la question dédiée plus bas).
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Questions fréquentes
Faut-il relancer par e-mail ou par téléphone ?
Par écrit d'abord. Un appel surprend, oblige à répondre sur-le-champ et pousse votre client vers un « je vous rappelle » qui ne vient jamais. L'écrit lui laisse le temps de rouvrir le devis et de formuler sa vraie question. Le téléphone se justifie surtout après un premier échange nourri, sur une prestation importante, et quand vous sentez qu'il reste un point difficile à écrire.
Que répondre à un client qui dit « je vous recontacte » ?
Acceptez, puis proposez une date. « Très bien. Si je n'ai pas de nouvelles d'ici au 15, je me permets un dernier message — dites-moi si ça vous convient. » Vous transformez une formule d'attente en échéance partagée, sans forcer la décision, et vous vous autorisez la relance suivante au lieu de la subir.
Ai-je le droit de relancer un client qui ne m’a pas répondu ?
Oui. Relancer, sur son devis, une personne qui vous l'a elle-même demandé n'est pas de la prospection commerciale : vous poursuivez un échange qu'elle a engagé, sur le document qu'elle a demandé. Le consentement préalable exigé pour prospecter un particulier par e-mail (art. L. 34-5 du Code des postes et des communications électroniques) vise les messages qui font la promotion de vos offres, pas le suivi d'une demande en cours. La limite est nette : dès que le message vend autre chose que le devis demandé, c'est de la prospection, et il faut alors le consentement — sauf s'il s'agit d'un ancien client et de prestations analogues à celles qu'il vous a déjà achetées. Un point qui n'est pas optionnel : chaque relance doit offrir un moyen simple et gratuit de vous demander d'arrêter, et vous devez y donner suite.
Faut-il baisser le prix dans une relance ?
Rarement, et jamais dans la première. Une remise offerte avant même de connaître le motif du silence enseigne à votre client que votre premier prix était négociable, et vous prive de l'information la plus utile : ce qui bloque réellement. Posez la question d'abord. S'il s'avère que c'est le budget, une offre ajustée — moins d'heures, moins de tirages — vaut mieux qu'un rabais sec.
Comment savoir si le client a seulement ouvert le devis ?
Nous suivons l'ouverture et les clics des e-mails liés à un devis, et l'information remonte sur le dossier. Deux réserves. Ce n'est pas une preuve de lecture : une image bloquée par la messagerie fausse la mesure dans un sens, un aperçu automatique dans l'autre. Et depuis la recommandation de la CNIL du 12 mars 2026, le pixel qui mesure l'ouverture d'un e-mail est un traceur au même titre qu'un cookie : le destinataire doit en être informé et pouvoir s'y opposer simplement, et son consentement devient nécessaire dès que la mesure sert à autre chose qu'à vérifier l'acheminement. Cela se prépare au moment où vous recueillez l'adresse. Cela dit, un devis jamais ouvert après une semaine oriente d'abord vers un problème d'acheminement, pas vers une hésitation.
Cette page décrit des principes généraux et ne constitue pas un conseil juridique.
Ne plus relancer de mémoire
Le devis part, la relance suit au délai que vous avez choisi, et ne part plus dès qu’il est signé. La création de compte est gratuite et vous donne accès à une période d’essai sur le plan Starter, sans carte bancaire requise.