Comment sauvegarder ses photos quand on est photographe professionnel ?

Par l’équipe Shooting PilotPublié le

En bref

La règle 3-2-1 tient en trois copies de vos fichiers, sur deux supports différents, dont une conservée hors de votre lieu de travail. Une galerie en ligne n’est pas une sauvegarde, la nôtre pas plus qu’une autre : elle ne contient que les fichiers livrés, elle suit le cycle de la séance et son accès dépend d’un abonnement. Sauvegardez les fichiers bruts, les fichiers de travail, les exports livrés et vos documents administratifs, puis testez une restauration au moins une fois par an.

En quoi consiste la règle 3-2-1 ?

Trois copies de vos fichiers, sur deux supports différents, dont une conservée hors du lieu où vous travaillez. C’est une méthode d’organisation qu’aucun texte n’impose ; elle vaut parce qu’elle couvre les trois causes de perte les plus courantes, la panne, l’erreur humaine et le sinistre qui emporte la pièce entière.

Le chiffreCe qu’il imposeChez un photographe indépendant
3 copiesL’original et deux copies, à tout moment.Les fichiers sur votre ordinateur, une copie sur un disque externe, une copie hors de chez vous.
2 supportsDeux technologies ou deux appareils distincts.Le disque interne de la machine et un disque externe ou un boîtier réseau. Deux dossiers sur le même disque ne comptent que pour un.
1 hors siteUne copie ailleurs que dans le local de travail.Un disque laissé chez un proche et permuté régulièrement, ou un espace de stockage distant dédié à la sauvegarde.

Le chiffre qui coûte le plus d’efforts est le dernier, et c’est celui qui sauve une activité. Un cambriolage, un dégât des eaux ou un incendie emporte l’ordinateur et le disque posé à côté dans le même mouvement.

Une galerie en ligne est-elle une sauvegarde ?

Non. Une galerie en ligne n’est pas une sauvegarde, la nôtre pas plus qu’une autre. C’est un espace de livraison, conçu pour montrer et remettre des fichiers finis à un client, et il ne remplace aucune des trois copies de la règle.

Trois raisons à cela. Une galerie contient ce que vous avez livré, donc des images retouchées et exportées, jamais vos fichiers bruts ni vos fichiers de travail. Son contenu suit le cycle de la séance : une galerie peut porter une date d’expiration, et elle a vocation à se fermer. Enfin, son accès dépend d’un compte et d’un abonnement, chez nous comme chez n’importe quel éditeur.

Soyons précis sur ce que nous faisons de notre côté, plutôt que de laisser croire à une protection qui n’existe pas. Les fichiers que vous téléversez sont chiffrés en transit et au repos, et stockés dans l’Union européenne. Les sauvegardes régulières que nous tenons portent sur nos bases de données, sont chiffrées, conservées une durée limitée et rangées séparément de la production. Le détail est public sur notre page Sécurité, et la liste nominative de nos hébergeurs sur la page Sous-traitants. Rien de tout cela ne constitue une archive de votre production, et aucun éditeur sérieux ne vous dira le contraire.

Que faut-il sauvegarder exactement ?

Quatre ensembles, dont deux qu’on oublie presque toujours. Les fichiers bruts de la séance, les fichiers de travail (catalogue, réglages de développement, montages), les exports livrés au client, et vos documents administratifs.

Le catalogue de votre logiciel de développement mérite une attention à part. Perdre les RAW est dramatique ; perdre le catalogue signifie refaire tout le tri et toutes les retouches sur des fichiers intacts, ce qui représente parfois plus d’heures que la séance elle-même.

Les documents administratifs suivent leurs propres règles, et elles ne sont pas les vôtres : dix ans pour les pièces comptables, cinq ans pour les contrats, sans durée légale pour les autorisations de droit à l’image. Notre guide détaille combien de temps conserver chaque document. Ces fichiers pèsent peu et se sauvegardent donc facilement, ce qui rend leur oubli d’autant plus regrettable.

Quel dispositif tenir quand on travaille seul ?

Un dispositif qui tourne sans y penser, parce qu’une sauvegarde manuelle finit toujours par sauter la semaine où elle aurait servi. Cybermalveillance recommande de planifier les sauvegardes, de déconnecter le support une fois l’opération terminée, de protéger les copies, de les tester et de vérifier l’état des supports. La CNIL en fait de son côté une fiche de son guide de la sécurité des données personnelles, dont l’objectif tient en une ligne : effectuer des sauvegardes régulières pour limiter l’impact d’une disparition ou d’une altération non désirée de données.

La déconnexion est le conseil le plus sous-estimé. Un disque branché en permanence subit le même chiffrement qu’un ordinateur atteint par un rançongiciel, et vos trois copies deviennent illisibles ensemble. Un disque rangé dans un tiroir après la copie survit à l’attaque.

Le moment critique se situe avant tout cela : entre la fin de la séance et la première copie, vos images n’existent que sur une carte mémoire. Copiez les fichiers sur deux emplacements différents avant de formater quoi que ce soit, et gardez la carte pleine jusqu’à la livraison quand la séance ne se refait pas.

Enfin, testez une restauration. Une sauvegarde jamais restaurée est une hypothèse, et tester les sauvegardes figure noir sur blanc dans ces mêmes recommandations. Une fois par an, sortez un dossier de séance au hasard, restaurez-le ailleurs, ouvrez trois fichiers.

Combien de temps garder les fichiers d’une séance ?

Le temps que vous avez annoncé au client, et pas au-delà sans raison. Aucun texte n’impose de conserver les fichiers d’une séance photo, alors que la limitation de la conservation, elle, s’impose : des photographies de personnes identifiables sont des données personnelles.

Écrivez la règle dans votre contrat, puis tenez-la. « Les fichiers sont conservés [durée] après la livraison, au terme de laquelle ils sont supprimés » vaut mieux qu’un archivage éternel qui grossit chaque année et que personne n’assume. Le client qui veut ses images plus longtemps les conserve de son côté, ce qui est de toute façon la seule copie qu’il maîtrise.

Dites-le aussi au moment de la livraison, dans la galerie et dans le message qui l’accompagne. Un client prévenu télécharge et range ses photos ; un client qui découvre trois ans plus tard que sa galerie est fermée vous écrit un dimanche soir.

Et le jour où vous changez d’outil ?

Votre sauvegarde ne couvre pas ce qui vit chez un éditeur : devis, factures, contrats signés, coordonnées clients. Ces données se récupèrent par un export, et c’est le moment de vérifier qu’il existe vraiment.

Notre guide sur changer de logiciel sans perdre ses données détaille les six familles à sortir et l’ordre dans lequel s’y prendre. Le réflexe utile tient en une phrase : sortez un export complet une fois par an, même sans projet de changement, et rangez-le avec vos sauvegardes.

Une galerie reste ce qu’elle est, un espace de livraison au client, avec les deux usages que nous proposons : sélection ou livraison intégrale, sous votre marque. Votre archive, elle, vit ailleurs, sur vos trois copies.

Questions fréquentes

Une galerie en ligne remplace-t-elle une sauvegarde ?
Non, et la nôtre pas plus qu’une autre. Une galerie est un espace de livraison : elle ne contient que les fichiers finis remis au client, elle peut porter une date d’expiration, et son accès dépend d’un compte actif. Elle ne remplace aucune des trois copies de la règle 3-2-1.
Que dit exactement la règle 3-2-1 ?
Trois copies de vos fichiers, sur deux supports différents, dont une conservée hors du lieu où vous travaillez. Deux dossiers sur le même disque ne comptent que pour une copie, et un disque posé à côté de l’ordinateur ne protège pas d’un sinistre.
Faut-il sauvegarder les RAW ou seulement les photos livrées ?
Les deux, plus les fichiers de travail. Perdre le catalogue de votre logiciel de développement revient à refaire tout le tri et toutes les retouches, ce qui coûte parfois plus d’heures que la séance elle-même.
Pourquoi faut-il débrancher son disque de sauvegarde ?
Parce qu’un disque connecté en permanence subit le même sort que l’ordinateur en cas de rançongiciel. Déconnecter le support après la copie fait partie des recommandations de Cybermalveillance, et c’est ce qui garde une copie lisible après une attaque.
Combien de temps garder les fichiers d’une séance ?
Le temps annoncé au client, écrit au contrat. Aucun texte n’impose de conserver les fichiers d’une séance, alors que la limitation de la conservation s’impose : des photographies de personnes identifiables sont des données personnelles.
Comment savoir si mes sauvegardes fonctionnent ?
En restaurant. Une fois par an, prenez un dossier de séance au hasard, restaurez-le sur une autre machine et ouvrez quelques fichiers. Une sauvegarde jamais restaurée reste une hypothèse.
Où vivent vos fichiers, et ce que nous sauvegardons

Sources

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